Le site des Phosphatières fut exploité par l’Homme au XIXème siècle avant de devenir un lieu de fouilles paléontologiques et touristique.
Laissez-nous vous conter la longue et riche histoire des lieux…
Il y a 170 millions d’années le climat était plutôt tropical dans cette région du monde alors située sous d’autres latitudes, et une mer recouvrait la région. Puis, il y a environ 70 millions d’années, la mer s’est retirée, laissant derrière elle une épaisse couche de sédiments calcaires, équivalente à trois phosphatières supplémentaires au-dessus de nos têtes, sédiments provenant de la décomposition de matières organiques.
L’eau de pluie s’infiltrant dans le sol calcaire creusa avec le temps un ensemble de gouffres dans la roche (ce que l’on appelle des structures karstiques). Puis une jungle tropicale recouvrit progressivement ces gouffres, où, entre -50 et -23 millions d’années, de l’argile riche en phosphates et des animaux étaient tombés jusqu’à les combler. Enfin, plus récemment, lors du Miocène, un vaste lac d’environ 30 cm de profondeur (le lac de l’Agenais) se forma et recouvrit toute la région d’une nouvelle couche de calcaire.
Pour le géologue Jean Nicod, « les cavités du karst des phosphorites du Quercy, anciennes dolines d’effondrement du type cenotes et grottes sans toit, se sont développées dans les calcaires jurassiques légèrement soulevés lors de l’orogenèse pyrénéenne ». Source : « Karsts, paléo-géomorphologies, paléo-environnements. Panorama des recherches récentes en France (1992-2001) »
Des millions d’années plus tard, au XIXème siècle, alors que l’érosion avait fait son œuvre et avait remis au jour les gouffres précédemment évoqués, un chimiste du nom de Jean-André Poumarède remarqua qu’un champ de blé croissait anormalement vite. Au fil de ses expériences pour expliquer ce phénomène, il découvrit la présence d’argile et de phosphorite sous terre.
Convaincu qu’il y en avait en grande quantité, il fit alors appel à des mineurs qui mirent au jour la phosphatière. L’Angleterre produisait à cette époque de l’engrais d’épandage, essentiellement à base de phosphate, ce qui conduisit à l’exploitation du site.
On y découvrit par ailleurs de nombreux fossiles, ce qui amena, et amène encore aujourd’hui, des paléontologues à effectuer des fouilles et des découvertes régulières.